David P. Boder Interviews André Richard; August 5, 1946; Paris, France

var transcription = { interview: [ David Boder

[In English] This is spool number 28. An interview with Lieutenant Andrà Richard from Paris, by means of an interpreter, Miss Bertha Goldwasser . . . Miss Bertha Goldwasser . . . now . . . a . . . eh . . .

David Boder

[In German] Now, wollen Sie ihn bitten, dass er seinen Namen sagt und wie alt er ist und was er jetzt tut?

Bertha Goldwasser

[In French] Si vous voulez Monsieur Richard, dire votre nom, votre adresse, votre profession et quel Ãge vous avez ?

André Richard

Andrà Richard, 2 Cità Condorcet, Paris IXÃme. Je suis artiste au ThÃÃtre National de l'OpÃra à Paris.

David Boder

[In German] Wollen Sie ihn fragen, was er getan hat und wo er war, wenn die Deutschen nach Paris gekommen?

Bertha Goldwasser

[In French] Si vous voulez bien gentiment nous dire qu'est ce que vous avez fait pendant l'Occupation ici à Paris ?

André Richard

Ce que j'ai fait pendant l'Occupation, je suis entrà dans la RÃsistance, sous les ordres du commandant Bordà et du colonel GoisÃ. Le commandant Bordà a formà le groupe la Marseillaise. Le groupe la Marseillaise comprenait trois sections, c'est-Ã-dire trois groupes. Et chaque groupe de la Marseillaise Ãtait commandà par un lieutenant, et nous avions pour chef le commandant BordÃ. Dans ces groupes la Marseillaise sont venus se joindre à nous des Francs Tireurs n'est-ce pas, des partisans volontaires qui voulaient Ãtre libres et n'appartenir et n'avoir aucun chef. Ils acceptaient volontiers les missions qu'on pouvait leur confier et, à leurs risques et pÃrils, nous rapportaient et accomplissaient ces . . . les dites missions qui Ãtaient d'ailleurs parfois trÃs dangereuses . . . car je n'ai pas connu de mission qui ne soit pas dangereuse pendant l'Occupation. C'est d'ailleurs à mon avis ce qui fait la valeur, la grande valeur des vrais rÃsistants qui eux sont restÃs pendant toute l'Occupation au contact de l'ennemi. Voilà ce que j'appelle les vrais rÃsistants. Maintenant, il y a une chose que je me permets de signaler en passant, c'est qu'un jour, en allant voir un de mes camarades qui devait nous donner l'heure du passage de certains trains de permissionnaires allemands, j'ai eu l'idÃe . . . j'ai eu l'idÃe de mettre, avant le dÃpart de ces dits trains, j'ai eu l'idÃe de mettre, en collaboration avec des gens de mon groupe, hommes et femmes, de mettre des prospectus, des tracts pour dÃmoraliser les Allemands. J'ai parlà au commandant Bordà ainsi qu'au colonel Goisà de . . . mon idÃe, ma petite invention si je puis dire, et tous deux l'ont acceptÃe. C'est alors que j'ai commencà seul, avec une musette, je suis passà dans la gare n'est-ce pas, dans la dite musette il y avait un litre de vin, un morceau de pain et les tracts Ãtaient en dessous. Je suis passà dans la gare et dans les trains, j'ai inondà les trains partout, dans les waters, partout oà les Allemands pouvaient aller. Et naturellement l'effet ne s'est pas fait attendre car le lendemain, la Gestapo commenÃait dÃjà ses recherches dans les gares. Alors nous avons dà attendre une quinzaine de jours et aprÃs nous avons recommencà dans les diffÃrentes gares, dans les diffÃrentes gares nous avons recommencà à redistribuer des tracts partout. C'Ãtait alors que j'ai donnà des tracts à diffÃrents camarades n'est-ce pas, qui d'ailleurs se sont fort bien accomplis de la mission dont je les avais chargÃs.

David Boder

[In German] Now, Ãh, was waren die AnfÃnge von der RÃsistance? Wer hat die RÃsistance formiert? Waren da gewisse Gruppen, die schon bevor die Deutschen kamen, sich zusammengelegt haben, um zu resistieren?

Bertha Goldwasser

[In French] Monsieur le professeur vous demande, Monsieur Richard, est-ce que les groupes de rÃsistance Ãtaient prÃparÃs avant l'Occupation ici à Paris, oà la rÃsistance Ãtait formÃe et comment, et quel caractÃre elle a pris en gÃnÃral ?

André Richard

Et bien les groupes à mon avis de rÃsistance, n'Ãtaient pas formÃs avant l'Occupation car . . . nous . . . pour moi, à mon avis personnel c'est que nous avons Ãtà trahis sur toute la ligne, du plus haut jusqu'au plus petit. Maintenant, les groupes se sont formÃs parce que nous nous sommes retrouvÃs plusieurs camarades, tous, la mort dans l'Ãme et j'ai vu, ainsi que moi-mÃme, beaucoup de camarades qui ont vu rentrer les Allemands dans Paris, les larmes aux yeux. C'est-Ã-dire nous, nous avions les larmes aux yeux de voir rentrer les Allemands dans Paris. Et bien, nous nous sommes reportÃs . . . à la pensÃe de la guerre de soixante dix, oà les Allemands ont foulÃ, n'est-ce pas le sol de Paris, et naturellement nous nous sommes reportÃs à cette date-là en pensant que nos grands-pÃres avaient eu la mÃme souffrance que nous et c'est alors que plusieurs eurent l'idÃe, n'est-ce pas, de dire mais au fait, si on organisait des groupes pour se voir et dÃmolir ce que les Allemands pourraient faire, nous rendre utiles à quelque chose. Et c'est alors que sont commencÃs . . . ont commencà à se former les groupes de rÃsistance mais rien n'Ãtait formà avant, enfin à ma connaissance, car j'ai travaillà dans le groupe Turenne, qui Ãtait commandà par le colonel GoisÃ, un homme de toute valeur, de grande valeur je puis dire, car le colonel Goisà a risquÃ, et à ma connaissance et à ma vue puisque j'ai Ãtà prÃsent plusieurs fois, Ãa a Ãtà un de mes plus grands chefs, d'ailleurs je suis Ãtonnà que le colonel Goisà ne soit pas encore dÃcorà de la LÃgion d'Honneur. Tous mes camarades officiers et moi-mÃme, nous en sommes mÃme indignÃs car le colonel Goisà a fait plusieurs fois abstraction de sa vie, et bien, il a rÃussi à s'en sortir, j'en suis trÃs heureux, mes camarades aussi . . . mais nÃanmoins, bien souvent, quand il y avait des situations qui Ãtaient trÃs pÃrilleuses, le colonel Goisà partait avant nous, et nous n'avions qu'à arriver, le travail Ãtait dÃjà à moitià fait. Je rends ici un hommage public au colonel Goisà car on a oublià de le rÃcompenser, ainsi que plusieurs autres. Mais, à en revenir pour les groupes de la RÃsistance, et bien je maintiens mon avis, à mon avis rien n'Ãtait organisÃ. Et l'Ãlan, l'Ãlan si je puis dire, de tous les groupes de la RÃsistance a Ãtà donnà le jour oà nous avons entendu notre chef suprÃme, le gÃnÃral Charles de Gaulle. Et c'est là qu'est venue . . . qu'est venue l'idÃe de gÃnÃraliser la RÃsistance par des groupes, par des Francs Tireurs partisans, par des Corps Francs Volontaires, des . . . des gens n'est-ce pas, qui Ãtaient . . . que l'on appelait dans la clandestinità . . . enfin que l'on appelait, que les Allemands appelaient dans la clandestinità n'est-ce pas, enfin dans . . . sous l'Occupation, que des gens appelaient terroristes, ces gens-là n'est-ce pas Ãtaient appelÃs terroristes, en rÃalità ce n'Ãtait pas des terroristes, pour nous c'Ãtait simplement des hÃros. Et bien souvent, bien souvent, ces gens-là . . . d'ailleurs oui, à ma connaissance, ceux avec qui j'ai travaillÃ, il n'en est pas revenu beaucoup. Je peux mÃme dire que quand le tunnel de Maintenon . . . a sautà à Rouen avec les trains . . . a sautÃ, et ainsi qu'à Rouen avec les trains de munitions, et bien aucun n'est revenu, aucun, aucun . . . et j'ai dà rentrer seul porter à mes chefs, n'est-ce pas, porter au colonel Goisà ainsi qu'à Roger BordÃ, n'est-ce pas, le commandant BordÃ, j'ai dà rentrer tout seul et lui dire, n'est-ce pas ce que . . . ce que j'avais appris et comment Ãa s'Ãtait passÃ, enfin les renseignements qu'on m'avait apportÃs, et bien souvent je suis rentrà seul alors que nous Ãtions partis à une vingtaine, et je suis rentrà seul de ces missions, qui Ãtaient vraiment pÃrilleuses.

David Boder

[In German] Ich stell jetzt eine andere Frage: Man hat in Amerika soviel gesprochen darÃber, dass man am Anfang den Krieg verloren hat, weil die Arbeiter gegen den Krieg waren und den Krieg sabotiert haben.

Bertha Goldwasser

[In French] Monsieur le professeur me dit de vous demander . . . il me dit de vous dire l'opinion de l'AmÃrique, car en AmÃrique, on ne [inaudible] cette opinion . . . que la guerre ici en France Ãtait terrible [inaudible] parce que les ouvriers n'ont pas voulu, euh . . . n'ont pas voulu se mobiliser et aller à la guerre et puis, ils ont sabotà dans l'usine [inaudible], est-ce que c'est vrai ?

André Richard

Et bien je lui dirais que . . . les ouvriers, n'est-ce pas . . . Ã ma connaissance, les ouvriers ont fait leur devoir . . . les ouvriers font toujours leur devoir.

David Boder

[In German] [He said something in the background - unintelligible]

Bertha Goldwasser

[In German] Herr Richard sagt, dass der Arbeiter in Frankreich hat nicht sabotiert. Er hat sich gestellt im Beruf, er hat sich gestellt fÃr auf den Platz, man hat ihn gefÃhrt. Aber Frankreich und die ganze Kriegs . . . [unverstÃndlich] um den Regierung, und an weil die Krieg war schon gekauft im Jahre 38. Also der Arbeiter in Frankreich war nur reserviert, als Soldat hat er nicht . . . [unverstÃndlich]. Aber weil er hat gesehen, dass er mit . . . [unverstÃndlich] lebendig in die HÃnde als Gefangener von den Feind als Gefangener. Dann hat er sich zurÃckgezogen. Meine Meinung ist, dass jeder von uns hÃtte das auch gemacht.

David Boder

Ja, nun will er weiter sagen, wie kam denn die, Ãh, wie wenn sich die RÃsistance entwickelt hat. Welche Gruppen haben hauptsÃchlich die RÃsistance gewollt?

Bertha Goldwasser

[In French] Le professeur vous demande, quand la RÃsistance s'est groupÃe, que vous citiez ici les noms des groupes lesquels sont . . . ont commencà à aider la RÃsistance.

André Richard

Les groupes, n'est-ce pas, les groupes, à eux seuls formaient la RÃsistance, la RÃsistance n'Ãtaient formÃe que de groupes, que l'on appelait n'est-ce pas, soit par exemple rÃseau Turenne n'est-ce pas, le groupe Turenne, rÃseau la Marseillaise, le groupe la Marseillaise, vous aviez LibÃration Nord, vous aviez . . . les maquis de Haute-Savoie, vous aviez les maquis de Bretagne, vous aviez le maquis de Normandie n'est-ce pas, le maquis de Normandie a Ãtà fondà par un lieutenant russe qui avait rÃussi à s'Ãvader, avec lequel je suis rentrà en contact Ãtant moi-mÃme normand n'est-ce pas, et bien ce lieutenant russe, n'est-ce pas, est d'ailleurs reparti en Russie, j'ai l'ai vu souvent à Paris, nous sommes devenus des amis, c'est le lieutenant . . . euh . . . Dadachov. Et bien le lieutenant Dadachov n'est-ce pas, c'est lui-mÃme qui avait eu l'idÃe, il a eu l'idÃe elle-mÃme qui a fondà le . . . le premier maquis en Normandie. Je suis entrà en contact avec lui parce que Dadachov, n'est-ce pas, Ãtait . . . s'Ãtait rÃfugià en Normandie, se cachait en Normandie et avait fondà le maquis de Normandie. Je suis rentrà en contact avec lui parce que je suis Normand et que . . . je me suis fait connaÃtre à lui et qu'il a eu confiance en moi, et alors de lÃ, nous nous sommes revus à Paris et . . . nous avons restà en contact avec le commandant Bordà et nous nous sommes mis souvent en contact pour . . . des . . . des choses n'est-ce pas, des . . . des missions à remplir, des missions mutuelles, c'est-Ã-dire le sabotage complet de l'ennemi, soit de faire sauter les trains, soit n'est-ce pas de . . . de voler, de . . . de voler le ravitaillement de l'ennemi, soit d'incendier . . . d'incendier les . . . les camions qui stationnaient sur les routes, soit de dÃboulonner les rails, enfin de faire mille choses, mille choses de sabotage, que mÃme, n'est-ce pas . . . je me demande si je referais n'est-ce pas cette chose-là Ãtant donnà que l'ennemi n'est plus lÃ, et qu'on me commanderait de faire ces choses-lÃ, je me demande si vraiment . . . nous avons fait des choses à la RÃsistance qui sont invraisemblables, il fallait vraiment que nous soyons emportÃs par l'Ãlan patriotique de sauver, par tous les moyens, notre belle France et d'obÃir à l' . . . au . . . à comment dirais-je, à l'ordre solennel de notre chef suprÃme le gÃnÃral Charles de Gaulle, n'est-ce pas, et alors, entraÃnÃs par lui, par sa voix, par ses . . . comment dirais-je, par ses communiquÃs, n'est-ce pas que nous Ãcoutions clandestinement car il fallait nous mÃfier quand nous entendions les . . . la radio anglaise, n'est-ce pas il fallait nous mÃfier, et bien . . . nous Ãtions capables à ce moment-lÃ, tellement nous Ãtions galvanisÃs par Charles de Gaulle notre chef suprÃme, de faire n'importe quoi, n'importe quoi. Et nous avions des chefs, il faut bien le dire, que ce soit le colonel GoisÃ, que ce soit le commandant Bordà ou le capitaine Allard, et bien nous avions des gens vraiment qui nous galvanisaient et qui . . . nous disaient mais il y va, il y va, il y va de l'avenir de la France. Or, vous me parliez de l'ouvrier tout à l'heure, et bien l'ouvrier n'est-ce pas, l'ouvrier franÃais pour moi a fait son devoir n'est-ce pas, parce que . . . il a tout fait pour la France, et je suis . . . je suis sÃr que demain, il est encore prÃt à faire tout pour la France.

David Boder

[In German] What was the, Ãh, was war die das VerhÃltnis meisten der UniversitÃtsprofessoren zu der RÃsistance?

Bertha Goldwasser

[In French] Les professeurs . . . Comment se sont comportÃs les professeurs de l'UniversitÃ, en gÃnÃral les intellectuels pour la RÃsistance ? Est-ce que les intellectuels ont fait aussi la RÃsistance ?

André Richard

Oui, certains . . . certains professeurs ont fait la RÃsistance . . . mais pas tous, pas tous parce que . . . il y avait Ãvidemment les collaborateurs. N'est-ce pas, on ne peut pas, mÃme parmi les intellectuels il y a eu . . . j'ai eu dans mon groupe, et j'ai vu dans les autres groupes, et bien des intellectuels, mÃme dans les Francs Tireurs Partisans, j'ai connu de grands intellectuels, n'est-ce pas, mÃme des professeurs qui ont fait leur devoir, et qui n'Ãtaient pas des collaborateurs comme certains, maintenant Ãvidemment chacun avait son opinion, ses idÃes mais . . . j'ai connu des gens, je le . . . je le rÃpÃte, des gens, des professeurs et des intellectuels qui Ãtaient dans la RÃsistance et qui ont fait tout leur devoir.

David Boder

[In German] And dieselbe Frage, Ãh, wie haben sich die Schauspieler, das Theater und die Literatur zu der, zu den Deutschen und der RÃsistance verhalten?

Bertha Goldwasser

[In French] Comment se sont comportÃs les artistes franÃais et aussi . . . le . . . les littÃraires, les Ãcrivains, les danseurs, plusieurs euh . . . tous ceux qui sont dans cette corporation ?

André Richard

Et bien dans cette corporation, Ãvidemment il y eu malheureusement beaucoup de collaborateurs, mais enfin, il y a eu des gens qui n'ont pas collaborÃ. Evidemment . . . je puis dire qu'il y a eu à peu prÃs dans la proportion . . . dans la proportion de . . . 60 à 80 % . . . de gens qui ont collaborà parmi les artistes, comme parmi les gens de la littÃrature, comme parmi les journalistes, d'ailleurs vous n'avez pas Ãtà sans voir, n'est-ce pas que l'on a mis à l'index certains artistes, certains Ãcrivains et mÃme certains, enfin, dans la littÃrature et mÃme certains professeurs Ãgalement, dans la danse c'est pareil, dans la danse il y eu un pourcentage n'est-ce pas, de 50 à 60 % de collaboration. Ca ne retire pas le talent de ces . . . de ces artistes, de ces danseurs, de ces Ãcrivains mais nÃanmoins, il est tout de mÃme regrettable, et . . . nous avons à dÃplorer cette chose-lÃ, c'est une . . . n'est-ce pas, la littÃrature . . . le . . . les artistes, la danse, tout Ãa, et bien oh, ce qui Ãtait franÃais aurait dà rester franÃais et n'aurait pas dà s'imprÃgner des choses allemandes. Maintenant, j'espÃre que . . . un effort va Ãtre fait pour oublier tout Ãa et que tous . . . et toutes repartiront du bon pied.

David Boder

[In German] Ich mÃchte jetzt wissen, sind viele und, sind viele vom MilitÃr aktiv mit den Deutschen mitgegangen?

Bertha Goldwasser

[In French] Monsieur le professeur vous demande, est-ce que beaucoup . . . des militaires, des soldats, des . . . des gradÃs mÃme, Ãtaient avec les Allemands ? . . . Est-ce que beaucoup de militaires . . .

David Boder

[In German] The interviewer interrupts interpreter here I can't tell what language it is [unintelligible]

Bertha Goldwasser

[In French] . . . de militaires, des . . . des gradÃs, est-ce qu'ils collaboraient avec des Allemands directement ?

André Richard

Oh ben à ma connaissance n'est-ce pas . . . heu oui il y a eu beaucoup d'officiers qui malheureusement ont collaborÃ, d'ailleurs il n'y a qu'à reprendre les jugements faits jusqu'à prÃsent par les tribunaux franÃais, Ãa vous donnera une idÃe de ce que les officiers, de certains officiers franÃais, ont collaborà malheureusement . . . je suis mÃme Ãtonnà s'ils Ãtaient vraiment des . . . des . . . ce que l'on appelle des vrais FranÃais. Car un vrai FranÃais, à mon avis, ne collabore pas avec un ennemi. Ca . . . pour moi c'est, c'est la forme mÃme presque de la psychiatrie, c'est un fou . . . tout simplement.

Bertha Goldwasser

[In German] Herr Richard sagt, dass man soll durchschauen die kritischen Gesetzen und auch die im Krieg . . . [unverstÃndlich] Verhandlungen. Dann wird man sehen, wie viele im Dienst verurteilte gewordene MilitÃrleute von Frankreich, die welche haben mit den Deutschen kollaboriert. So, und in Kontakt gestanden.

David Boder

. . . Nun, was denkt er, wie wird sich jetzt in Frankreich das alles entwickeln, bis es normal wird?

Bertha Goldwasser

[In French] Comment pensez-vous, Monsieur Richard, voir maintenant arranger . . . ici dans la France, la vie, comment elle va revenir, et dans quel . . . quel avenir nous attend ?

André Richard

Moi vous savez, l'avenir nous attend, c'est que, à l'heure actuelle, la politique, n'est-ce pas est une chose que je ne comprends pas, et que je ne cherche pas à comprendre, car vous savez, les gens qui font de la politique, sont des gens qui sont dÃjà à moitià fous, et qui ne cherchent qu'une chose, leur profit avant de chercher le profit du pays. Si il y avait des hommes capables de pouvoir faire une politique pour relever vraiment et dignement la France, car la France est un pays qui ne peut pas sombrer, il est trop beau, et c'est un pays qui vraiment a montrÃ, par tous les moyens, que ce soit dans n'importe quelle branche, il a montrà ce pays qu'il pouvait pas sombrer parce que il est trop grand et trop puissant, il a un passà vraiment trop grand. Mais, il faudrait à la tÃte de la France des hommes dignes de pouvoir la conduire . . . à la hauteur qu'elle mÃrite. Et ces hommes, il faudrait que ce soit des gens comme Gambetta, comme JaurÃs, n'est-ce pas, des gens qui feraient abstraction de tout, des saints mais à mon avis, il n'y en a plus . . . il n'y en a plus car les gens, à l'heure actuelle sont trop matÃriels. Vouloir, n'est-ce pas, vouloir, c'est . . . mener la France, à la hauteur, je le rÃpÃte n'est-ce pas, à la hauteur qu'elle mÃrite, et bien c'est un imposteur qui n'appartient pas aux hommes actuels.

David Boder

[In German] Ãh, will er uns sagen, welcher in seiner AktivitÃt der gefÃhrlichste Moment gewesen ist?

Bertha Goldwasser

[In French] Est-ce que vous pouvez nous citer le cas dans le moment, que vous avez . . . dans le moment de votre mission qui Ãtait le plus dangereux ?

André Richard

Le cas dans les missions qui a Ãtà le plus dangereux, et bien, c'est quand je suis allà . . . quand je suis allÃ, n'est-ce pas, pour rÃveiller tous les pauvres types qui devaient aller faire sauter, n'est-ce pas les . . . les ouvrages allemands. Et bien j'avais dans une musette, et dans une petite valise, tout du moins dans un petit sac, j'avais des explosifs, et, je cÃtoyais, sur les boulevards, dans les rues, des tas d'Allemands. Le plus pÃnible pour moi, c'est le jour que je suis allà porter, à des camarades, des explosifs et que je me suis trouvà pris dans une rafle. Et bien, j'ai dà mon salut qu'à un brave gardien de la paix, que je connaissais, n'est-ce pas, qui s'appelle Thomas, le brigadier Thomas, de la . . . qui est à la . . . au poste de la mairie du IXÃme arrondissement à Paris, le brigadier Thomas justement Ãtait mon sous-chef de groupe. Et ce brave Thomas, justement c'est lui, avec moi, qui avons plantà le drapeau franÃais à la Kommandantur, que nous avons prise d'assaut place de l'OpÃra. Et bien . . . que nous avons prise à la LibÃration. Et bien ce brave Thomas, justement c'est grÃce à lui, que j'ai pu . . . c'est lui qui m'a fait passer, qui m'a fait sortir de la rafle, et j'ai pu ainsi Ãchapper, aux mains et aux questions n'est-ce pas des . . . de la Feldgendarmerie allemande. Et c'est grÃce à lui, car vraiment je puis le dire, c'est lui qui m'a sauvà la vie. Et bien . . . Thomas justement, qui a Ãtà un des rÃsistants, enfin le plus, à mon avis parmi la police, le plus Ãpatant, et bien . . . est aussi lui à l'heure actuelle restà dans l'ombre.

David Boder

[In German] Ãh, waren Ãh welche komischen Momente, Ãh, in diesem Ãh, in Ãh, wÃhrend der Ãh des Daseins der Deutschen hier? Sind da welche Anekdoten, die man von denen erzÃhlt?

Bertha Goldwasser

[In French] Euh, Monsieur le professeur vous demande est-ce qu'il y a aussi, des moments comiques, qu'on peut raconter, du passÃ, quand il y avait des Allemands ici ?

André Richard

Et bien il y en a, oui il y en a, parce que vraiment . . . les Allemands Ãtaient par moment trÃs comiques. Et un jour justement, en sortant de chez moi boulevard BarbÃs, j'ai rencontrÃ, n'est-ce pas, une . . . une colonie de petits enfants juifs qui Ãtaient conduits, n'est-ce pas, des pauvres gosses qui avaient l'Ãtoile jaune . . . qui avaient l'Ãtoile jaune sur la poitrine . . . et ces pauvres petits enfants, et bien Ãtaient conduits par deux femmes qui Ãgalement portaient l'Ãtoile. Un jour un de ces enfants est tombÃ, et s'est mis à pleurer. Je n'ai pas pu m'empÃcher, que de me baisser et de le ramasser. Je lui ai essuyà la figure et je l'ai embrassÃ. Et je l'ai embrassà avec d'autant plus de ferveur et beaucoup plus de chaleur, que ce petit garÃon portait l'Ãtoile. Et que je me rendais compte qu'il Ãtait lui-mÃme malgrà son jeune Ãge, il avait quel Ãge mon dieu ? Sept, huit ans . . . mÃme pas il avait . . . cinq, six ans. Et il avait l'Ãtoile, et il . . . lui qu'avait-il fait pour mÃriter le martyre des Allemands ? Rien. Alors je l'ai donc embrassÃ, je l'ai remis debout, il a rejoint tous ses petits camarades. A ce moment-là passaient deux Allemands, qui m'ont regardà et qui avaient l'air de dire, n'est-ce pas de m'approuver de l'avoir relevà et de l'avoir embrassÃ. Mais quand ils ont vu que ce gosse, avait l'Ãtoile sur la poitrine, ils m'ont jetà un regard de mÃpris, et se sont regardÃs tous les deux, et dÃÃus d'avoir approuvà que j'avais relevà ce gosse sont partis comme deux pÃteux. Maintenant, il y a une autre histoire. Il y a une autre histoire et malheureusement, n'est-ce pas . . . ce sont des histoires mais qui sont vraies. C'est un officier allemand qui suit une trÃs belle fille, en deuil. Et cette femme est en deuil, parce qu'elle a perdu un des siens, Ãgalement tuà par les Allemands. Mais cette femme est suivie par un officier allemand, qui monocle dans l'Åil n'est-ce pas, la complimente et lui demande un renseignement, et à chaque fois, cette femme se dÃrobe pour ne pas rÃpondre à l'officier allemand. ExcÃdÃ, l'officier allemand vient carrÃment devant ladite femme, qui Ãtait je le rÃpÃte trÃs belle, et lui demande et lui dit :  madame, voulez-vous me dire le nom de cette rue? Â. Alors courageusement la femme le regarde dans les yeux, Ãcarte son crÃpe de deuil, et montre son Ãtoile à l'officier allemand en lui disant  judische [inaudible] Â. AussitÃt, l'Allemand pivote sur les talons, et naturellement part tout pÃteux en la saluant tout de mÃme, mais je n'ai pas besoin de vous dire, Ãvidemment, la duperie dont l'Allemand a Ãtà coupable.

David Boder

[In German] Eine Frage, denkt er, dass der Antisemitismus, den die Nazis hier entwickelt haben, dass viel davon noch ist, dass viel noch nach dem Krieg?

Bertha Goldwasser

[In French] Pensez-vous que les allemands vont s'aimer ici en France ? Est-ce qu'il restera encore de . . . est-ce qu'il restera encore l'antisÃmitisme . . . est-ce que les FranÃais, ils vont vraiment se laisser bourrer le crÃne, comme on dit, par les Allemands qui, rien que les juifs sont fautifs dans la guerre et c'est les juifs qui l'ont pris quoi, et Ãa c'est leur mot d'ordre, n'est-ce pas, pour gagner le monde. Que pensez-vous de cela ?

André Richard

Et bien, à mon avis, malheureusement oui. Malheureusement oui, il y a des germes qui restent en France. Et . . . vous savez, je crois qu'il faut tout faire pour effacer ces germes, car tout de mÃme, n'est-ce pas ces germes arriveront dans la clandestinità à grandir et . . . à causer beaucoup de mal. Alors à mon avis, il faut arriver à montrer à ces gens-là qu'ils ont eu tort. Et qu'un homme, qu'il soit juif, qu'il soit catholique, qu'il soit protestant, qu'il soit orthodoxe, tout ce qu'on voudra, et bien tous les hommes ont droit à leur part de soleil et à leur part de vie. Et les hommes doivent tous se donner la main et s'entraider . . . et s'entraimer les uns, les autres. Et faire abstraction de toute religion, qui à mon avis, les divise. Si vous supprimez les religions, vous aurez . . . fait un grand pas pour la dÃfense de la libertÃ.

David Boder

[In German] Monsieur Richard, ich danke Ihnen sehr, es war ein . . .

David Boder

[In English] . . . I think that the Frenchmen in Chicago and the

David Boder

[In German] . . . unsere Studenten werden mit groÃer Interesse diesen Werk anhÃren.

Bertha Goldwasser

[In French] Monsieur le professeur vous remercie beaucoup. Il espÃre que les Ãtudiants et aussi les FranÃais qui se trouvent à Chicago vont Ãcouter les tables avec un trÃs grand plaisir.

David Boder

[In German] Danke sehr.

David Boder

[In English] This concludes spool 28 taken from Andrà [inaudible]

André Richard

[In French] Et bien, Ã l'OpÃra, je chante Rigoletto, je chante Faust, je chante RomÃo et Juliette.

David Boder

Quel rÃle dans Faust ?

André Richard

Euh, MÃphisto.

David Boder

Oh, MÃphisto ! Vous ne chantez pas Boris Godounov ?

André Richard

Et bien plus tard, j'espÃre le chanter, je l'ai à l'Ãtude.

var english_translation = { interview: [ David Boder

[In English] This is spool number 28. An interview with Lieutenant Andrà Richard from Paris, by means of an interpreter, Miss Bertha Goldwasser . . . Miss Bertha Goldwasser . . . now . . . a . . . eh . . .

David Boder

[In German] Now, I would like to ask him to tell us his name, how old he is and what he does now?

Bertha Goldwasser

[In French] Mr. Richard, could you please say your name, address, occupation and age?

André Richard

Andrà Richard, 2 Cità Condorcet, Paris 9th arrondissement. I am an artist at the ThÃÃtre National de l'OpÃra in Paris.

David Boder

[In German] Please ask him what he was doing and where he was when the Germans came to Paris?

Bertha Goldwasser

[In French] Could you please be so kind as to tell us what you did during the Occupation here in Paris?

André Richard

Here is what I did during the Occupation: I joined the Resistance movement under Major Bordà and Colonel GoisÃ's command. Major Bordà created La Marseillaise group. La Marseillaise group was comprised of three sections, that is three groups. And each La Marseillaise group was under the command of a First Lieutenant, and Major Bordà was our leader. A number of Francs-tireurs came to join us in these La Marseillaise groups, right, volunteer partisans who wanted to be free and not to belong, not to obey any leader. They would readily accept the assignments they were entrusted with and, at their own risk, would report to us and complete these . . . the said assignments which, for that matter, were sometimes very dangerous . . . for I have never known any assignment that was not a dangerous one during the Occupation. Besides, in my opinion, this is what makes the true Resistance fighters so valuable, as they remained in direct contact with the enemy throughout the Occupation. These are what I call true Resistance fighters. Now, I take the liberty of pointing something out here: one day, as I went to visit one of my companions, who was to provide us with time schedules for a number of trains loaded with German soldiers going on leave, I had the idea . . . I had the idea to put, before the said train's departure, I had the idea to put, with the help of people from my group, men and women, to put leaflets and tracts on the trains so as to dishearten the Germans. I talked to Major Bordà and to Colonel Goisà about . . . my idea, my little invention, so to speak, and they both agreed with it. Then, I began to do this by myself, with a haversack, I walked around the station, right, and in the said haversack there was a bottle of wine, a piece of bread and the tracts were underneath. I walked around the station and on the trains, I covered every corner of the trains, in the toilets, every place the Germans could go. And, of course, the results came fast since, on the following day, the Gestapo began to search the stations. Then we had to wait for about two weeks, and we did it again in various stations, in various stations we started disseminating tracts everywhere again. This is when I gave tracts to various companions, right, who, as a result, successfully accomplished the mission I had assigned to them.

David Boder

[In German] Now, er, what were the beginnings of the French Resistance movement? Who formed the Resistance movement? Were there certain groups who got together to resist even before the Germans came?

Bertha Goldwasser

[In French] Mr. Professor asks, Mr. Richard, if the resistance groups existed before the Occupation here in Paris, where and how did the Resistance movement develop itself and what was its general nature?

André Richard

Well, in my opinion, the resistance groups were not formed before the Occupation because . . . we . . . to me, in my personal opinion, we have been betrayed in all respects, from top to bottom. Now the resistance developed because we were a group of companions, all of us with a heavy heart, and I saw, and just as I did, many companions saw the Germans come into Paris with tears in our eyes. I mean that we had tears in our eyes when we saw the Germans come into Paris. Well, we remembered . . . the war of 1870 when the Germans, right, walked into Paris and, of course, we remembered this very day, thinking that our grandfathers had known the same suffering as we did, and this is when many of us had the idea, right, to say: but why don't we organize groups to meet and pull down everything the Germans might do, to make ourselves useful. This is when they began . . . the resistance groups began to form, but nothing existed before then, well, as far as I know, because I worked in the Turenne group led by Colonel GoisÃ, a valuable man, I would say a highly valuable man because Colonel Goisà took risks . . . and to my knowledge and eyes, as I was there several times, he was one of the greatest leaders I have ever had, and for that matter, I am surprised Colonel Goisà has not been awarded the Legion of Honor yet. All my fellow officers and even myself think this is outragous because Colonel Goisà has set his life aside on many occasions; well, he managed to pull through and I am very glad about that, as are my companions . . . but, however, as quite often is the case in very perilous circumstances, Colonel Goisà would go before us and by the time we arrived, the work was almost done already. I here, pay public tribute to Colonel GoisÃ, since he never was rewarded, as many others like him. But, to go back to the Resistance groups, well, I stand by my opinion, in my opinion, nothing was organized. And the fervor, the fervor so to speak, of all the Resistance groups was born the day we heard our supreme leader, General De Gaulle, calling. This is when it came . . . came the idea to spread the Resistance through groups, through partisan Francs-tireurs, through volunteer Irregular forces, people . . . people, right, who were . . . whom we called in secret . . . well whom we called, whom the Germans called in secret, right, well in . . . during the Occupation who were sometimes called terrorists, these people were called terrorists, right, but actually they were no terrorists, to us they were only heroes. And quite often, quite often, these people . . . indeed, to my knowledge, those I have worked with, few of them returned alive. I can even say that when the Maintenon tunnel . . . blew up in Rouen with the trains . . . blew up, and also in Rouen with the ammunition loaded trains, well none of them returned, not anyone, not anyone . . . and I had to come home by myself and report to my leaders, right, report to Colonel Goisà and to Roger BordÃ, right, Major BordÃ, I had to come back by myself and tell him, right, what . . . what I had learned and how it had happened, well the information I had been given, and very often did I come back alone, while twenty of us had gone, and I came back alone from these assignments, which were really perilous.

David Boder

[In German] I'll move on to another question: Much has been said in America about the war being lost from the beginning, because the workers were against it and sabotaged the war effort.

Bertha Goldwasser

[In French] Mr. Professor tells me to ask you . . . he asks me to tell you the American opinion, because in America, people don't [inaudible] such an opinion . . . that the war here in France was dreadful [inaudible] because the workmen did not want, er . . . did not want to join forces and go to war and then, they sabotaged the factory [inaudible], is that true?

André Richard

Well, I would tell him that workmen, right . . . as far as I know, the workmen did their duty . . . workmen always do their duty.

David Boder

[In German] [He said something in the background - unintelligible]

Bertha Goldwasser

Mr. Richard says that the workers in France did not sabotage the war effort. He stayed in his job, he stayed where he was, he was involved. But France and the entire war . . . [unintelligible] about the Government, and because the war had already started in 1938. Thus the worker in France was only reserved as a soldier he didn't . . . [unintelligible]. But because he saw, that he . . . [unintelligible] . . . spiritedly as a prisoner in the hands of the enemy. Then he withdrew. In my opinion, any one of us would have done exactly the same.

David Boder

Yes. Now, does he want to say any more about, er, how and when the Resistance movement developed. Which groups mainly wanted the Resistance?

Bertha Goldwasser

[In French] The Professor would like to know now, when the Resistance formed into groups, if you can name the groups that . . . began to help the Resistance movement.

André Richard

The groups, right, the groups in themselves formed the Resistance movement, the Resistance movement was not only made of groups, which were called, right, either for example the Turenne network, right, the Turenne group, La Marseillaise network, La Marseillaise group, there was LibÃration Nord, there were . . . the Haute-Savoie maquis, there were the Brittany maquis, there was the Normandy maquis, right. The Normandy maquis was created by a Russian First Lieutenant who had managed to escape and with whom I got in contact, as I am myself from Normandy, right, well this Russian First Lieutenant, right, is now back in Russia. I have met with him many times in Paris, we became friends, he is First Lieutenant . . . er . . . Dadachov. Well, First Lieutenant Dadachov, right, is the one who had the idea, he had the very idea to create the . . . the first maquis in Normandy. I got in touch with him because Dadachov, right, was . . . had fled to Normandy, was hiding in Normandy and had created the Normandy maquis. I got in contact with him because, I am from Normandy and because . . . I introduced myself to him and he felt he could trust me, and from then on, we met again in Paris and . . . we remained in touch with Major BordÃ, and often got in contact again to . . . do . . . do things, right, to . . . to perform assignments, mutual assignments, that is to fully sabotage the enemy, either by blowing up trains or, right, by . . . by stealing, by . . . by stealing supplies from the enemy, or by burning down . . . by burning down the . . . the trucks parked on the roads, or by unbolting rail tracks, well by doing a thousand things, a thousand actions of sabotage, that even, right . . . I wonder whether I would do this again, right, since the enemy is gone now, and if I were requested to do that kind of thing, I wonder if really . . . in the Resistance, the things we did were unbelievable, we really had to be carried along by patriotic fervor to save, by any means, our beautiful France and to obey the . . . the . . . the, how can I put it, the solemn command from our supreme leader General De Gaulle, right, and then, led by him, by his voice, by his . . . how can I say, by his statements, right, which we would listen to, in secret, as we had to be careful when hearing the . . . the English radio, right, we had to be careful, well . . . at that time we were capable, because we were so electrified by our supreme leader Charles de Gaulle, to do anything, anything. And we had leaders, one must say, whether it be Colonel GoisÃ, Major Bordà or Captain Allard, well we were led by people who would motivate us and who . . . would tell us that the future of France was at stake. Yet, you were talking about workmen just before, well the workmen, right, the French workmen, in my opinion, have done their duty, right, because . . . they did everything for France, and I am . . . I am certain that tomorrow, they will still be willing to do anything for France.

David Boder

[In German] What was the, er, what was the relationship of the university lecturers to the Resistance mainly?

Bertha Goldwasser

[In French] Teachers . . . How did teachers from universities, intellectual people in general, behave with regard to the Resistance movement? Did intellectuals also take part in the Resistance movement?

André Richard

Yes, some . . . some teachers were part of the Resistance movement . . . but not all of them, not all because . . . of course, there were the collaborationists. Indeed, you can't, even among intellectuals there were . . . I had in my group, and I saw in other groups, well, intellectuals, even among the partisan Francs-tireurs, I have known great intellectual people, right, even professors who did their duty and who were not collaborators like others were, now of course everyone had an opinion, ideas of one's own . . . I have known people, I . . . as I said before, people, teachers and intellectuals who were part of the Resistance movement and who did their complete duty.

David Boder

[In German] And the same question, er, how did the thespians, the theatre and writers of literature behave towards the Germans and the Resistance movement?

Bertha Goldwasser

[In French] How did French artists as well as . . . the . . . members of literary circles, writers, dancers, several er . . . all the people from this body of crafts, behave?

André Richard

Well in such body of crafts, of course, there were numerous collaborationists but, some people did not collaborate. Of course . . . I can say that there was approximately about . . . about . . . from 60% to 80% . . . of people who collaborated among artists, as well as among literary people, journalists; besides, you must have noticed, right, that some artists, writers and even some, well, people from literary circles and even some teachers, as well, were blacklisted; and it was the same for dancers, in the dancing community there was about, right, from 50% to 60% collaborationism. That doesn't take anything away from the talent of those . . . of those artists, dancers, writers, however it is still a pity, and . . . we deplore that kind of thing, it is . . . right, literature . . . the . . . artists, dance, all this, well oh, what was French should have remained French and should never have become imbued with German material. Now, I hope that . . . we will strive to forget all this and that all . . . all will make a fresh start.

David Boder

[In German] I would now like to know whether a lot of military personnel collaborated actively with the Germans?

Bertha Goldwasser

[In French] Mr. Professor asks you if many . . . servicemen, soldiers, even . . . even non-commissioned officers, were on the German side? . . . Were there many servicemen . . .

David Boder

[In German] [The interviewer interrupts interpreter here] [unintelligible]

Bertha Goldwasser

[In French] . . . servicemen, and . . . and non-commissioned officers, did they directly collaborate with the Germans?

André Richard

Oh well, to my knowledge, right . . . well, yes there were many officers who, regrettably, did collaborate, for that matter, you just need to refer to the judgments adjudicated to date by French courts to get an idea of how the officers, some French officers, collaborated, regrettably . . . I would even be surprised to learn that they truly were . . . were . . . what we call truly French. Because true French people, in my opinion, do not collaborate with an enemy. This . . . to me, is, this is almost the essential form of psychiatry, they are simply insane . . .

Bertha Goldwasser

[In German] Mr. Richard says that we should see through the critical legislation and even the in the war . . . [unintelligible] negotiations. Then we will see how many military personnel from France were pressed into service and collaborated with the Germans. And kept in touch.

David Boder

. . . Now, what does he think, how will all this develop now in France, until things return to normal?

Bertha Goldwasser

[In French] How do you think, Mr. Richard, things will organize from now on . . . here in France, life, how is it going to be, and in which . . . what kind of future are we heading to?

André Richard

To me, you know, our future is that, nowadays, politics, right, is something I do not understand, and that I am not trying to understand because, you know, people involved in politics are already almost insane people and are only interested in one thing, their own benefit, before seeking the benefit of the country as a whole. If there were men capable of developing politics with a view to actually rebuild France with dignity, then France would be a country which can not collapse, it is too beautiful, and this country has truly shown, by any means, in any area, this country has truly shown it could not collapse as it is too great and too powerful a country, it has too great a history. But France should be led by men fit for running it . . . up to the level it deserves. And such men, they should be people like Gambetta, like JaurÃs, indeed, people who would set everything aside, some kind of saints but, in my opinion, such men no longer exist . . . they no longer exist because people today are too superficial. To want, right, to want is . . . to lead France to the level, as I said before, right, to the level it deserves, and well this is something that does not suit current men.

David Boder

[In German] Er, does he want to tell us what the most dangerous moment was in his activity?

Bertha Goldwasser

[In French] Could you please relate the moment you had . . . during your mission which was the most dangerous?

André Richard

The most dangerous event in my assignments, well, was when I went . . . when I went, right, to wake up all the poor chaps who had to go and blow up, right, the . . . German constructions. Well, I carried in my haversack, and in a small suitcase, at least in a small bag, I carried explosives and, I rubbed shoulders, on the boulevards, on the streets, with loads of Germans. The most disturbing thing for me was the day I brought explosives to some of my companions and when I got caught in a raid. Well, I was saved thanks to a nice policeman I knew, right, whose name is Thomas, Sergeant Thomas, from . . . who is in . . . at the Paris 9th arrondissement hall police station, Sergeant Thomas was precisely my group's second-in-command. And it was precisely this nice fellow Thomas who, with me, jabbed the French flag at the Kommandantur which we attacked at place de l'OpÃra. Well . . . which we took by storm at the Liberation. Well, this nice fellow Thomas is precisely the one, thanks to whom I could . . . he helped me go through, he got me out of the raid, and therefore, I could get away from the hands and questions, right, of the . . . of the German Feldgendarmerie. And this was thanks to him, yes I can truly say so, he saved my life. Well . . . Thomas, precisely, who was one of the most active resistant fighters, well the most, in my opinion, from the police force, the most splendid, well . . . he also was kept in the background.

David Boder

[In German] Er, were there any comical moments, er, in this, er, in er, while, er, the Germans were in occupation here? Are there any stories you can tell us about them?

Bertha Goldwasser

[In French] Er, Mr. Professor asks if there also are funny moments that you can relate, from the past, when Germans were here?

André Richard

Well, yes there are a few, because really . . . sometimes the Germans could be very funny. And one day, in fact, as I left my place on boulevard BarbÃs, I came across, right, a . . . a bunch of little Jewish kids who were led, right, poor kids who were wearing the yellow badge . . . who were wearing the yellow badge on their chest . . . and these poor little kids were led by two women who were also wearing the badge. One day, one of the kids fell down and started to cry. I could not help bending down and lifting him up on his feet. I wiped tears away from his face and kissed him. And I kissed him all the more eagerly and warmly as this boy was wearing the badge. And I realized that he himself was, despite his young age, how old was he, dear God? Seven, eight . . . not even that old, he was . . . five, six years old. And he was wearing the badge, and he . . . what could he have done to deserve to suffer the German martyrdom? Nothing. So I did kiss him, put him on his feet and he met up with all his little friends. At that very moment, two German soldiers passed by and looked at me as if they meant to, right, approve of my lifting up and kissing the kid. But when they saw the yellow badge on the boy's chest, they glanced at me with contempt and looked at each other and, felt disappointed to have approved my lifting up the kid, they went away like two smart-asses. Now, there is another story. There is another story and, regrettably, right . . . these are true stories. A German officer was following a very beautiful girl, in mourning. And this woman was in mourning because one of her relatives had died, also killed by the Germans. But the woman was followed by a German officer, who was eyeing her greedily, right, flattering her and eventually asked her for information, and each time the woman would side-step to avoid answering to the German officer. Furious, the German officer bluntly walked and stood in front of the woman, who was, as I said before, very beautiful, and asked her: "Madam, could you please tell me the name of that street?". Then, the woman bravely looked at him in the eye, opened her mourning veil and showed her badge to the German officer, saying "judische [inaudible]". Immediately the German turned on his heel and walked away very pretentiously, although he said goodbye to her, but I don't need to tell you, of course, the deception the German suffered.

David Boder

[In German] A question. Does he think that the anti-Semitism which the Nazis promoted here is still very much alive, that even after the war this is still around?

Bertha Goldwasser

[In French] Do you think the Germans will be liked here in France? Will there still be . . . will there still be anti-Semitism . . . will the French let themselves be brainwashed, as we say, by the Germans who say that only the Jews are guilty in the war and that the Jews caused it, which is their motto to conquer the world. What do you think about that?

André Richard

Well, in my opinion, unfortunately yes. Regrettably, yes, germs will remain in France. And . . . you know, I think we should use our best efforts to get rid of those germs because, still, right, such germs will manage to grow in secret and . . . to do great harm. Then, in my opinion, we need to show these people that they were wrong. And that a man, whether he is Jewish, Catholic, Protestant, Orthodox or anything else, well, all men are entitled to a sunny spot and to the right to lead a life. And all men must join hands and help each other . . . and love each other. And set all religions aside since, in my opinion, they divide people. Get rid of religions and you will . . . make a giant leap for the protection of freedom.

David Boder

[In German] Monsieur Richard, thank you very much, it was a . . .

David Boder

[In English] . . . I think that the Frenchmen in Chicago and the

David Boder

[In German] . . . our students will listen to this work with great interest.

Bertha Goldwasser

[In French] Mr. Professor is very grateful. He hopes the students and French people living in Chicago will listen to the tapes with great pleasure.

David Boder

[In German] Many thanks.

David Boder

[In English] This concludes spool 28 taken from Andrà [inaudible]

André Richard

[In French] Well, at the Opera, I sing Rigoletto, I sing Faust, I sing Romeo and Juliet.

David Boder

What part do you play in Faust?

André Richard

Er, Mephisto.

David Boder

Oh, Mephisto! Don't you sing Boris Godunov?

André Richard

Well, later, I hope I will be able to sing it, it's under consideration.